Edouard Harduin, joueur, entraîneur et cafetier

Edouard Harduin fait partie des personnages historiques du football d’Amiens des années d’après-Guerre. Il a été à la base de la relance du club picard dans les années 1950.

En 1947, plusieurs têtes nouvelles apparaissent dans l’effectif professionnel de l’Amiens A.C.: arrive un nouvel entraîneur, Mony Braunstein, et de nombreux joueurs: Roger Défossé et Gérard Jean, venus du C.A.Paris, Didi, qui avait fait quelques apparitions au Racing parisien en 1946, Marcel Léturgeon, venu du Mans, le Perpignanais Joseph Lopez, le Nancéien Roger Pierre. Aucune de ces recrues ne restera très longtemps en Picardie. A la différence d’un autre nouveau venu, le seul parmi eux qui n’avait jamais joué en pros auparavant. Son recrutement est passé à peu près inaperçu. Il s’appelle Edouard Harduin et vient de Cambrai. Il a 24 ans. On ne se doute pas que c’est un personnage important du football amiénois qui arrive.

Le joueur est petit, râblé, discret. Il est doté d’une bonne technique, d’une belle qualité de frappe de balle. Au départ de la saison, il n’est pas considéré comme un titulaire. Il apparaît en équipe première le 21 septembre, contre Rouen (0-0) et s’impose si bien qu’il ne sort pratiquement plus de l’équipe, au poste de demi-aile.

Accroché au sol, Edouard Harduin aux prises avec Plesiak, de Maubeuge, en 1952.

Accroché au sol, Edouard Harduin aux prises avec Plesiak, de Maubeuge, en 1952.

Rarement blessé, constant dans ses performances, il est un titulaire à part entière de l’équipe d’Amiens pendant les quatre saisons suivantes, les dernières du club avec le statut professionnel, abandonné en 1952. Harduin dispute environ 150 matches de championnat de division 2.

  • Plus de 300 matches officiels en azur et noir

Lorsque l’A.A.C. redevient amateur, Harduin est un des rares professionnels qui restent au club, avec Jean Mankowski. Ils sont ensuite rejoints par Jack Braun. En plus d’occuper son éternel poste au milieu de terrain, Harduin assure aussi l’entraînement. C’est donc sous sa conduite que le club va gravir, peu à peu, tous les échelons du football amateur: Promotion d’honneur de 1952 à 1954, Division d’honneur de 1954 à 1957, championnat de France de 1957 à 1959.

Cette dernière saison voit l’équipe d’Amiens remporter le championnat du groupe Nord de C.F.A. et participer à la poule finale du championnat de France, remportée par les amateurs de Saint-Etienne. Mais pour Harduin, c’est sa dernière saison à la tête de l’équipe. A l’inter-saison, il passera le témoin à Jean Mankowski. Dans les années 1960, on le retrouvera au poste d’entraîneur à Abbeville, qu’il fera monter en CFA.

Pendant toutes ces saisons, Harduin cumule les fonctions de joueur et d’entraîneur. Selon un document publié en 1976, où paraissent des statistiques établies par Alain Carlier, il a disputé 154 matches de championnat et de Coupe de France entre 1952 et 1959. Au total, il a disputé joué plus de 300 fois, en match officiel, sous le maillot azur et noir.

L'entraîneur Harduin et le capitaine Braun interviewés par Télé-Lille en 1959.

L’entraîneur Harduin et le capitaine Braun interviewés par Télé-Lille en 1959.

Pendant toutes ces années, il a été l’élément d’équilibre de l’équipe amiénoise, constituant avec Jack Braun, plus offensif, le duo majeur du milieu de terrain. Au fil des saisons, les deux joueurs ont formé, principalement avec Claude Jany et Michel Cerf, ce qu’on appelait déjà à l’époque le  »carré magique » de l’équipe.

Autre atout du duo Harduin-Braun, la qualité de leurs frappes lointaines et de leurs coups de pied arrêtés. Harduin marqua de nombreux buts sur coups francs, Braun en inscrivit un certain nombre sur penalty et… sur corner direct !

  • Chez Edouard

Un autre souvenir, tout personnel, me revient à l’esprit à propos d’Harduin: souvent, après les matches, on allait boire le pot du réconfort et/ou de la victoire « chez Edouard ».

Monsieur et Madame Harduin derrière le comptoir en 1957. Edouard souffrait d'une fracture de la main.

Monsieur et Madame Harduin derrière le comptoir en 1957.
Edouard souffrait d’une fracture de la main.

L’entraîneur-joueur avait rapidement pris sa douche pour se retrouver derrière le comptoir de son café, situé au coin de la rue Janvier et de la rue Saint-Fuscien, juste à côté de l’arrêt du bus. Les supporters venaient commenter le match qui s’était achevé peu avant. Et les jours d’entraînement (lequel avait lieu entre midi et 2 heures), plus d’un joueur venait y manger un sandwich avant de retourner au boulot. Chez Edouard, on était encore un peu à l’Athlé !

Didier Braun

 

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