Roger Lacaze, un Basque à Amiens

Alors que l’équipe de football d’Amiens va jouer à Lille, souvenir d’un des joueurs de l’Amiens A.C. qui avait porté le maillot du LOSC, Roger Lacaze.

Né à Bayonne en 1926, Roger Lacaze a été le premier footballeur de l’Aviron Bayonnais à faire une carrière nationale. Il s’était fait remarquer en 1943 en remportant le concours du jeune footballeur, cette épreuve de technique individuelle à laquelle participaient les meilleurs espoirs du pays. A la suite de ce succès, il fut engagé en 1945 par le puissant Lille O.S.C., né l’année précédente de la fusion de l’historique Olympique Lillois et du S.C.Fives.

Malgré la richesse de l’effectif lillois, notamment en attaque où brillaient Jean Baratte, René Bihel, Jean Lechantre, Roger Vandooren, Bolek Tempowski, le petit ailier basque réussit à jouer quelques matches officiels. Avec 5 matches de championnat et 2 buts marqués, il participa à l’obtention du premier titre de champion de France du L.O.S.C. Mais, après deux saisons à Lille, il quitta le meilleur club français de l’époque. Il passa alors deux saisons au Havre, en division 2, avant de signer à Amiens en 1949.

Cette saison-là, le club picard affichait de singulières ambitions, après une décevante 14e

Roger Lacaze sous le maillot d’Amiens A.C.

place la saison précédente. Il avait profondément modifié son équipe, engageant un nouvel entraîneur, Rémy Fourmond, venu de Dieppe, et faisant un gros effort de recrutement: du Havre, était venu avec Roger Lacaze le solide défenseur René Salembier. Les autres nouveaux joueurs étaient le milieu de terrain Eugène Proust, l’ailier bourlingueur Roger Deléglise et un débutant au poste d’avant-centre, Charles Quaino, qui allait être la révélation de la saison. Dans cette nouvelle équipe, Roger Lacaze prit place à l’aile gauche. Petit, véloce, bon technicien, il s’y imposa dès le premier match de championnat, contre son ancienne équipe, Le Havre (1-0, but de Quaino). Mais ensuite, il fut indisponible pendant près de 3 mois durant lesquels Amiens plongea au classement en ayant accumulé les revers en fin des matches aller. Lacaze ne réapparut régulièrement qu’au printemps 1950.

La saison suivante fut bien meilleure sous la conduite d’André Riou, qui avait déjà redressé la situation sportive du club à la fin de la saison 1950. Lacaze fut un très efficace ailier – avec quelques passages au centre de l’attaque, disputant 27 matches de compétition et inscrivant 7 buts. L’A.A.C. réalisa en 1950-51 sa meilleure saison de l’après-guerre chez les professionnels, obtenant une bonne 7e place. Mais à l’inter-saison 1951, le club picard, en proie à une crise financière endémique, dut transférer de nombreux joueurs.

Roger Lacaze, au côté de mon père Jack Braun, lors d’un match Amiens-Metz en 1951.

Ce fut le cas de Roger Lacaze, parti pour Troyes avant de signer à Nancy, où il ne joua qu’un match officiel et où s’acheva sa carrière professionnelle en 1952-53. Marié à une Amiénoise, il revint dans la Somme, mais ne rejoua pas à l’A.A.C.. Il fut alors entraîneur-joueur dans le petit club de Blangy, tout en tenant un commerce à Amiens, près de la gare du Nord.

Il repartit ensuite dans son cher Pays Basque, dont il avait la nostalgie. Mon père, qui était devenu un grand copain, se souvenait que pendant l’été, alors que les professionnels préparaient la reprise du championnat, Roger était triste de ne pas être à Bayonne pendant la semaine des Fêtes ! 20 ans plus tard, je me souviens lui avoir rendu visite dans son bar, au centre de Bayonne, pendant ces mémorables fêtes de l’été. L’établissement, au cœur de la ville, était situé sur le parcours des courses de vachettes, lesquelles étaient capables d’entrer dans le bar ! Béret sur la tête, Roger avait toujours le caractère jovial et le sens de l’amitié qu’il avait apporté lors de son passage à Amiens.

Il fut un temps conseiller technique départemental des Pyrénées-Atlantiques, et resta proche de l’Aviron Bayonnais où Jacques Sorin réussit à « sortir » de nombreux jeunes footballeurs de talent au cœur de l’Ovalie: Christian Sarramagna, Jean-Louis Cazes, Félix Lacuesta, François Grenet, Stéphane Ruffier, jusqu’au plus célèbre d’entre eux, Didier Deschamps avaient suivi la voie ouverte autrefois par Roger Lacaze.

Didier Braun

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