1934-1936: Les Verts au stade Moulonguet

Les Verts de Saint-Etienne ont affronté 3 fois l’Amiens A.C. au stade Moulonguet. Ils n’y ont jamais gagné.

Avant l’époque contemporaine au cours de laquelle l’Amiens S.C. et l’A.S.Saint-Etienne ont participé 5 fois au même championnat (1997-98, 98-99, 2001-02, 02-03 et 03-04), les Verts n’ont visité le stade Moulonguet qu’à 3 reprises, dans les années 1930.

L’Amiens A.C. et l’A.S.Saint-Etienne avaient adhéré au professionnalisme lors de la saison 1933-34. Mais les deux clubs ne s’étaient pas affrontés la première année, faisant partie de deux groupes différents de la Division 2. La première visite des Stéphanois au stade Moulonguet eut donc lieu le 23 décembre 1934.

Après avoir vécu un début de saison très difficile, Amiens s’est bien repris depuis novembre, alignant 4 matches de championnat sans défaite. Devant 3.000 spectateurs, l’Athlé s’impose nettement (3-0), après avoir dominé en première période au cours de laquelle Georges Garette et Edouard Arravit lui ont donné un net avantage. Au cours d’une seconde période où le jeu est plus heurté et où les attaquants stéphanois manquent plusieurs occasions, Pierre Illiet ajoute un 3e but qui assure aux Picards leur 3e victoire en championnat de la saison.

  • LES EQUIPES DU 23 DECEMBRE 1934
  • AMIENS: Tassin — Reid, Niko — Blot, Cléau, Ottavis — Illiet, Arravit, Garette, Farkas, Taisne.
  • SAINT-ETIENNE: Henric — Boutet, Kovacs — Biechert, Rivers, Chalvidan — L. Saint-Georges, Guillou, Odry, Woehl, Polge.

Un an plus tard, les deux équipes se retrouvent au stade Moulonguet le 8 décembre 1935. Amiens s’est notablement renforcé cette saison, avec l’engagement du Roubaisien Jules Buge, du Tourquennois Paul Delacourt, du Valenciennois Clément Machu et de nombreux joueurs étrangers: les Autrichiens Charles Borsenberger, Joseph Hanké, Franz Kellinger, Raymond Redl et l’Anglais Harry Ward. Le début de championnat a répondu aux ambitions affichées. Restant sur 4 victoires consécutivement, Amiens se mêle à la course en tête, en compagnie de Rouen, Roubaix et des visiteurs du jour. Aussi, ce jour-là, 6.000 spectateurs envahissent le stade.

Le match est de haute tenue entre deux équipes de même valeur. Malgré leurs efforts et les encouragements de la foule, aucune des deux équipes ne parvient à marquer. Amiens (3e) et Saint-Etienne (4e) conservent leurs positions mais voient s’échapper Rouen et Roubaix, tous deux vainqueurs. A la fin de la saison, Amiens obtiendra son meilleur classement chez les professionnels (5e), alors que Saint-Etienne (3e) ne sera devancé qu’au goal-average par le R.C.Roubaix, pour la montée en Division 1.

  • LES EQUIPES DU 8 DECEMBRE 1935
  • AMIENS: Lesieur — Reid, Delacourt — Cardon, Kellinger, Ottavis — Borsenberger, Hanké, Machu, Illiet, Thévenot.
  • SAINT-ETIENNE: Guillard — Rolhion, Boutet —  Stevanovic, Odry, Charbit  — Pasquini, Beck, Kovacs, Tax, Langiller.

En novembre 1936, Amiens et Saint-Etienne figurent de nouveau dans la première moitié du classement lorsque l’A.S.S.E. vient à Amiens. On est le 11 novembre et le match est précédé par une émouvante cérémonie devant le monument aux morts du stade, à laquelle participent les deux équipes et les minimes de l’Athlé, dans leur maillot azur et noir.

L’international Marcel Langiller donne aux Verts un avantage mérité en début de match, mais Amiens égalise ensuite, sur un tir de la tête de Harry Ward que le gardien stéphanois, André Guillard, relâche derrière la ligne. En seconde période, Saint-Etienne semble en mesure de s’imposer. Mais sur une contre-attaque menée par le vétéran Georges Taisne, Julien Buge marque d’un tir imparable. La fin de match est largement dominée par les Stéphanois qui font le siège du but de Joseph Vincent. Amiens conserve l’avantage jusqu’au bout.

L’équipe d’Amiens contre Saint-Etienne, le 11 novembre 1936.

La fin de saison sera plus douloureuse pour le club amiénois. La saison s’achèvera d’ailleurs par une défaite sur le terrain de Saint-Etienne (1-3). Amiens abandonnera alors les rangs professionnels alors que les Verts patienteront une année de plus avant d’accéder à la division 1.

  • LES EQUIPES DU 11 NOVEMBRE 1936
  • AMIENS: Vincent — Reid, Delacourt — Ottavis, Peiffert, Tison — Buge, Kramer, Taisne, Ward, Thévenot.
  • SAINT-ETIENNE: Guillard — Kovacs, Rolhion — Charbit, Odry, Biechert — Pasquini, Cabannes, Beck, Tax, Langiller.

Didier Braun

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2 commentaires pour 1934-1936: Les Verts au stade Moulonguet

  1. YB dit :

    Bonsoir,

    Mon commentaire ne concerne pas directement l’AAC et j’en suis désolé.
    Je suis stéphanois, et j »ai entrepris, il y a plusieurs années la reconstitution des feuilles de match de l’ASSE en match officiel et dans la mesure du possible en amical de 1933 à 1947, à travers la presse régionale sur micro-film, et la presse nationale ou régionale en ligne en particulier sur Gallica. Ces dernières années, Gallica a numérisé L’Auto et le Miroir des Sports, et j’ai aussi découvert les comptes rendu très complet du journal de Roubaix, qui m’ont permis parfois de lever des doutes sur certaines compos ou buteurs, d’autres fois, d’en installer d’autres, et ceci est l’objet de mon message.
    Je pense en particulier à la compo de L’ASSE pour le match de décembre 1935. D’après la presse forézienne, ce match disputé quelques jours après le derby contre Villeurbanne rejoué à saint-Ouen suiter à l’affaire Buchoux, au cours duquel Beck, était absent et remplacé par Charbit au poste d’inter droit, Biechert devenant demi-aile. Pour le match à Amiens, la presse stéphanoise signale que Beck fait sa rentrée, et que Pasquini fait ses débuts à l’aile droite à la place de Polge. A aucun moment, on ne signale l’absence de Rolhion, l’arrière gauche titulaire. Cette formation est confirmée par le CR du journal de Roubaix. J’ai constaté que l’Auto, que j’ai déjà pris en flagrant délit d’erreur avérée à 99 pour cent, proposait la compo bizarre que vous présentez (Charbit, arrière, Pasquini demi-aile, absence de Rolhion). Ma question est donc la suivante : Est-ce la compo présentée par la presse Amiénoise ?

    Je vous remercie en tout cas pour votre blog, qui fait revivre le vieil AAC qui a tant compté pour votre histoire personnelle, à travers les personnalités de votre père et de votre grand-père, et l’importance du football dans une ville comme Amiens, importance que je n’avais pas perçu lorsque j’y ai vécu pendant plusieurs années à la fin des années 2000

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