Amiens A.C. et la Coupe de France (12: 1945-1952, le dernier temps des pros)

Après la Seconde Guerre mondiale, Amiens redevient professionnel. Mais ses résultats en Coupe de France restent modestes.

En 1945, l’Amiens A.C. acquiert de nouveau le statut professionnel. Le club picard le conserve jusqu’en 1952. Disposant de moyens financiers modestes, il reste en Division 2 pendant ces sept saisons. En Coupe de France, il n’atteint jamais les niveaux des équipes amiénoises des années 1920-30.

En 1945-46, Amiens passe deux tours en éliminant deux clubs amateurs, Saint-Quentin (5-2) et l’A.S.Française (3-0). En 16es de finale, au stade des Iris, à Lyon, Amiens s’incline face à l’A.S.Cannes (0-2), sur deux buts d’Edouard Viora et Henri Bolleton. L’équipe amiénoise est constituée principalement de joueurs qui faisaient déjà partie de l’effectif sous l’Occupation. Mais débute en pros cette saison-là un des meilleurs joueurs d’Amiens de tous les temps, venu d’Albert, Lido Albanesi. Figure aussi dans l’équipe Pierre Illiet, qui avait débuté au début des années 1930 et a rejoint le club après un long parcours pro (Excelsior Roubaix, Valenciennes, Arras).

  • L’EQUIPE D’AMIENS CONTRE CANNES EN 1946 : Capart — Albanesi, Cardon, Bican — Illiet, Meneut — Haroux, Van Hecke, Cailleux, Visignol, Urier.

En 1946-1947, après avoir éliminé Arras (3-2 après prolongation), l’Athlé est sèchement battu par Nancy 5-1. La saison suivante, le parcours est aussi bref: une qualification aux dépens de Tourcoing (4-1) et de Carvin (3-1) avant une élimination à Saint-Ouen, par Colmar (0-1, but de Joseph Deckert) qui, à la fin de cette saison, montera en Division 1. Dans l’équipe entraînée par Mony Braunstein, figurent désormais plusieurs piliers de l’équipe de cette période: outre Jean Capart, Amédée Uchart, Edouard Harduin, Lucien Hérouard.

  • L’EQUIPE D’AMIENS CONTRE COLMAR EN 1948: Capart — Uchart, Albanesi, Debeugny — Harduin, Jean — Hérouard, Lopez, Défossé, Didi, Kups.

Photo dédicacée de l’équipe d’Amiens contre Colmar, en 1948 à Saint-Ouen. De g. à dr., debout: Harduin, Albanesi, Capart, Uchart, Jean, Debeugny; devant: Hérouard, Didi, Défossé, Lopez, Kups.

Le parcours est semblable en 1948-1949. Amiens parvient en 32es de finale après avoir éliminé les amateurs d’Albert (6-4) et de Hesdin (3-0), mais, à Saint-Etienne, est nettement battu par Sète, un des « éternels » de la Division 1 pour quelques saisons encore. Sur un terrain gelé et devant 1500 spectateurs frigorifiés, Sète l’emporte largement (3-0), grâce à un doublé d’Hamid Bouchouk et un but de Joseph Ujlaki.

  • L’EQUIPE D’AMIENS CONTRE SETE EN 1949: Ollivier — Uchart, Albanesi, Galvez — Harduin, Mateo — Moretti, Lefèbvre, Hérouard, Lopez, Emmenegger.

En 1949-1950, l’effectif d’Amiens a beaucoup changé( arrivées de Roger Deléglise, Eugène Bourson, Roger Lacaze, Eugène Proust, Charles Quaino, René Salembier, retour de Jack Braun de l’armée), l’entraîneur aussi. Le club vit une saison d’instabilité, qui voit d’ailleurs l’entraîneur Rémy Fourmond limogé et remplacé, d’abord par un interim d’Eugène Bourson puis par André Riou, qui redresse une situation mal engagée. En Coupe de France, Amiens s’est facilement imposé aux amateurs du Stade de l’Est (4-1) mais perd de nouveau en 32es de finale. Sur le terrain de Grenoble, contre l’A.S.Cannes, René Salembier a marqué contre son camp dès la 20e minute, un handicap qui ne sera jamais comblé, aucun but n’étant inscrit par la suite.

  • L’EQUIPE D’AMIENS CONTRE CANNES EN 1950: Capart — Salembier, Uchart, Hérouard — Bourson, Harduin — Deléglise, Braun, Quaino, Carré, Wattebled.

A Grenoble, en 1950, Capart (de dos), Salembier, Hérouard et Uchart, sous la menace de l’attaque de Cannes.

En 1950-1951, après avoir éliminé les amateurs d’Armentières (2-1), l’A.A.C. doit se mesurer à l’Olympique de Marseille, sur le terrain de Toulouse. Inférieurs sur le plan athlétique, les Picards font jeu égal techniquement avec l’équipe de division 1, ce que souligne l’envoyé spécial de L’Equipe, l’ancien international Victor Denis. En fin de première période, Charles Wagner, qui remplace Gunnar Andersson dans l’attaque marseillaise, inscrit deux buts coup sur coup (31e et 37e minutes). L’entraîneur de l’O.M., élogieux envers le jeu amiénois, déclare: « je me demande si les Amiénois n’ont pas perdu parce qu’ils ont joué un football trop appliqué ». Ce que Victor Denis résume ainsi, dans France-Football: « Amiens a  »trop bien joué » pour vaincre Marseille ». Amiens ne revient donc pas au score, et termine le match avec plusieurs joueurs blessés. Je me souviens que mon père, à propos de ce match, avait eu alors la sensation d’être capable de jouer au niveau supérieur…

  • L’EQUIPE D’AMIENS CONTRE MARSEILLE EN 1951 : Capart — Salembier, Uchart, Hérouard — Braun, Harduin — Deléglise, Mankowski, Lacaze, Madani, Carré.

Les moyens financiers manquant de plus en plus, le club doit se séparer de nombreux joueurs à l’inter-saison. 1951-52 sera la dernière saison professionnelle de l’Amiens A.C., achevée sur une pâle 16e place en championnat. Une dernière fois dans l’histoire du club, les 32es de finale sont atteints, après avoir battu les amateurs de Vitry (5-0) et de Scionzier (4-0). En 32es, Amiens tombe de nouveau sur un club « historique » du football français, le R.C.Paris.

D’après Le Courrier Picard, Amiens « fait de son mieux« . Ce qui est largement insuffisant pour menacer l’équipe parisienne. L’Islandais Albert Gudmundsson marque dès la 4e minute. Amiens résiste pendant toute la première période, mais juste avant la mi-temps, le défenseur Marcel Frey marque contre son camp. Georges Ben Amar réduit ensuite le score (58e) mais l’espoir des Amiénois est de courte durée, car l’international Georges Moreel marque dans la minute suivante. Gudmundsson  et Roger Quenolle aggravent ensuite la marque de ce qui est le dernier match de Coupe de France de cette ultime période du professionnalisme à l’Amiens A.C.

  • LES EQUIPES DU DERNIER MATCH DE COUPE DES PROS D’AMIENS
  • AMIENS : Capart — Frey, Bourson, Ben Amar — Braun, Harduin — Wassmer, Proust, Paillère, Mankowski, Dussautois. 
  • R.C.PARIS : Vignal — Vazquez, Arnaudeau, Salva — Bellot, Gabet — Boulet, Szoke, Quenolle, Gudmundsson, Moreel.

A l’issue de cette saison, l’Amiens A.C., redevenu amateur, repartira en championnat de promotion de la Ligue du Nord. Ce sera le début du dernier chapitre de l’histoire du club en Coupe de France, avant la fusion de 1961. (à suivre)

Didier Braun

 

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2 commentaires pour Amiens A.C. et la Coupe de France (12: 1945-1952, le dernier temps des pros)

  1. Benfatah jaouad fil de Didi benfatah dit :

    Bon jour Mr Braun. S’il te plais s’est vous avez dû photos de Didi Abdellah

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