En 1950, Marseille joue à Amiens, mais ce n’est pas l’OM

Alors qu’Amiens va recevoir l’OM en Ligue 1, souvenons-nous que du temps de l’Amiens A.C., un autre club marseillais professionnel a joué au stade Moulonguet.

Quand l’Amiens A.C. était un club professionnel, la venue de l’Olympique de Marseille au stade Moulonguet ne s’est jamais produite, l’A.A.C. n’ayant jamais atteint la division 1 et l’O.M. de l’époque n’étant jamais descendu.

Pendant deux saisons, Marseille a possédé un second club pro, le Groupe Sporting Club Marseillais, appelé plus communément « Marseille II », et parfois surnommé les « Lionceaux », à cause de l’écusson porté sur son maillot rouge. Ce club avait germé dans l’esprit du président de l’O.M. de l’après-Guerre, Louis-Bernard Dancausse. Dans l’excellente « Grande Histoire de l’OM », mon ami Alain Pécheral explique que Dancausse « avait fait une sorte d’annexe de l’OM après-Guerre, afin de ne pas laisser inactifs les très nombreux professionnels d’un effectif qui avait compté jusqu’à trente-trois unités ».

Ce club ne pouvait fonctionner sans l’aide de l’O.M. Après une première saison 1949-1950 que Marseille II avait terminée à la 11e place, le nouveau président du club, Saby Zaraya, avait émis des ambitions telles que Dancausse n’avait pas pu accepter la menace d’un rival local. Le patron de l’O.M. allait alors tout faire pour couler cette équipe qu’il avait lui-même voulue ! A la moitié du championnat 1950-51, Marseille II jeta l’éponge. Pécheral décrit ainsi ce drôle de club: « C’était un club où on gagnait parfois des matches, rarement de l’argent, mais où l’on s’amusait beaucoup… »

Avant le match contre Marseille II, le président du Syndicat d’initiative remet une gerbe de fleurs au capitaine d’Amiens Uchart. A sa gauche, Braun, Proust, Bourson.

Ce Marseille II n’est donc venu qu’une fois au stade Moulonguet, le 5 mars 1950. Au match aller (le 2 octobre 1949), Amiens était allé gagner au stade de l’Huveaune 1-0, grâce à un but de son excellent avant-centre Charles Quaino. C’était un déplacement dont mon père se souvenait: il en était revenu avec une jaunisse qui l’avait éloigné des terrains pendant trois mois !

Il était d’aplomb pour participer au match retour, devant 4.100 spectateurs. Les équipes se présentaient ainsi, d’après France-Football:

  • AMIENS : Capart — Salembier, Uchart, Hérouard — Bourson, Harduin — Deléglise, Proust, Quaino, Braun, Carré. Entraîneur: André Riou.
  • MARSEILLE II: Amar — Camara, Gallian, Luzan — Caillol, Dergazellian — Forno, Zymzak, Mori, Farmanian, Bucchi. Entraîneur: Laurent Henric.
  • Hélas, l’hebdomadaire se trompe au sujet de l’équipe marseillaise. La photo ci-dessus le prouve: on distingue Félix Pironti qui n’est pas cité ici. A sa droite, Bucchi. Le Courrier Picard cite bien Pironti dans son compte rendu. 

Le match, lit-on dans France-Football, « est serré et peu spectaculaire, fait de longues balles à suivre et assez mal exploitées. »

Amiens l’emporte grâce à un but de son ailier gauche, l’ancien joueur de Cambrai René Carré, marqué en première période (27e minute). Il n’y aura pas d’autre match contre Marseille II au stade Moulonguet. L’année suivante,  l’équipe marseillaise abandonne le championnat en décembre 1950, alors qu’elle occupe la dernière place du classement. Amiens avait de nouveau remporté le match-aller à Marseille (2-0, buts de Jean Mankowski et Abdesslem Madani). Il n’y eut donc pas de match-retour.

Didier Braun

 

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