En 1947, Amiens fait chuter Nice le leader

Lors de la saison 1947-1948, l’Amiens A.C. est le premier club à battre l’O.G.C.Nice en division 2. A la fin de la saison, Nice accèdera à la Division 1.

Le 5 octobre 1947, l’Amiens A.C. accueille l’O.G.C.Nice. L’équipe azuréenne a réalisé un début de championnat impressionnant, remportant ses 6 premiers matches (2-0 à Angers, 5-1 à Lens, 4-1 contre Rouen, 2-1 contre Colmar, 4-2 contre le C.A.Paris, 3-0 contre Le Havre).

L’équipe picarde, entraînée par Mony Braunstein, avait elle-même réussi ses premiers matches (victoires 4-2 sur le C.A.Paris, 1-0 sur Nîmes, 5-2 sur Troyes), mais a ensuite perdu ses qualités offensives initiales. Elle n’inscrit aucun but lors des 3 matches suivants (défaites à Lens [0-2] et Colmar [0-1], nul contre [0-0] face à Rouen) et rétrograde au classement. La venue de Nice n’en constitue pas moins un événement en Picardie. 7 363 spectateurs payants sont recensés au stade Moulonguet, qui laissent aux guichets de la rue Louis-Thuillier une recette de près de 600 000 francs de l’époque. Même les médias parisiens ont déplacé des envoyés spéciaux. Le radio-reporter Jean Quittard, qui sera bientôt un des pionniers de la télévision française,  est annoncé pour commenter (en différé !) le match sur le Poste national.

Le public amiénois se souvient que, l’année précédente, son équipe avait battu les Niçois à deux reprises: 2-1 à Nice (2 buts de Gilbert Moretti), 1-0 au stade Moulonguet (but d’Edouard Kups). Amiens s’était aussi fait remarquer en jouant les « tombeurs de leaders ». L’Athlé avait été une des rares à battre la belle équipe de Sochaux (2-1) qui avait dominé la saison de Division 2.

Par rapport au match précédent à Colmar, Braunstein a effectué deux changements. En défense, le grand et mince Roger Pierre fait son retour. En attaque, Edouard Kups revient à l’aile gauche et Gérard Jean, qui avait participé aux six premières rencontres, sort de l’équipe.

Après s’être procuré plusieurs occasions en début de rencontre, sous la conduite de son inter Didi, Amiens marque le but vainqueur à la 32e minute par Lucien Hérouard. Menacé par la pression des attaquants amiénois, le Niçois Esteban Gomez a voulu adresser une passe en retrait au gardien Pierre Angel, qu’Hérouard a interceptée pour battre le gardien arrivé de Nancy à l’intersaison.

Les Picards défendent ensuite leur avantage avec acharnement. La fin de match est palpitante. On lit dans le Courrier Picard:

« Décrire ce que furent les dernières minutes est impossible, tant l’ardeur des acteurs avait atteint son paroxysme, surtout du côté niçois où les incorrections redoublaient. »

L’exploit d’Amiens à la une du Courrier Picard.

L’exploit est salué comme il se doit par le journaliste du quotidien local:

« Sa victoire est bien celle de l’équipe qui la désira le plus ardemment et qui fut la plus volontaire, tout au long d’une rencontre jouée avec beaucoup d’ardeur, trop ardemment, même par instants. Animés d’un moral élevé, les Amiénois ont constamment pratiqué avec une conviction et une volonté extraordinaires. »

Enthousiasmé, le reporter affirme :

« Amiens a magistralement démontré qu’il pouvait se hisser au niveau des meilleurs ».

Hélas, l’équipe picarde rentrera ensuite dans le rang. Alors que Nice remportera brillamment le championnat, en ne concédant que 5 autres défaites, Amiens terminera à la 9e place et s’inclinera à Nice au match retour, sur un cinglant 7-1 malgré un nouveau but de Hérouard.

  • LES EQUIPES DU 5 OCTOBRE 1947
  • AMIENS: Capart — Pierre, Uchart — Debeugny, Albanesi, Moretti — Défossé, Didi, Hérouard, Harduin, Kups. Entraîneur: Braunstein.
  • NICE: Angel — M.Frey, A.Firoud — Gomez, Amar, David — Nemeur, D.Carré, Fassone, Ruff, Tylipski. Entraîneur: Marek.
  • Merci à Michel Oreggia, historien du football niçois, qui m’a communiqué la composition de l’équipe niçoise, laquelle n’apparaissait pas dans le Courrier Picard de l’époque.

–> A NOTER: L’Amiens A.C. a reçu 4 fois l’O.G.C.Nice au stade Moulonguet en championnat professionnel. Bilan: 3 victoires (2-1 le 8 septembre 1935, 1-0 le 3 avril 1947, 1-0 le 5 octobre 1947), 1 défaite (1-2 le 28 mars 1937).

Didier Braun

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