René Matifas, mécène d’Amiens A.C.

Dans les années 1920, l’Amiens A.C. a fait partie des meilleurs clubs français de football grâce à l’aide de plusieurs mécènes. Parmi eux l’industriel René Matifas.

Né à Amiens en 1884, René Matifas avait succédé à son père, Paul, qui avait créé en 1898 une importante entreprise spécialisée dans la fabrication de lits métalliques et de mobilier médicalisé. Cette entreprise était connue au plan national, à tel point que son nom était fréquemment associé à son activité industrielle. On parlait de « Matifas, lits de fer ».

L’usine Matifas, route de Rouen à Amiens.

Au début des années 1920, René Matifas, président de la commission football de l’Amiens A.C., joue un rôle prépondérant dans le développement du club. Il finance indirectement celui-ci en engageant dans son entreprise des joueurs que le club recrute un peu partout en France. Cette pratique d’amateurisme marron s’est développée au lendemain de la Première Guerre mondiale et Matifas, comme d’autres dirigeants en France, est critiqué pour ses pratiques de « racolage ». Ainsi dans cet article de 1925, signé André Sprecher, journaliste d’Amiens mais aussi membre du Stade Amiénois, le rival local de l’A.A.C.:

« M.René Matifas, depuis 1923, consacre tout son temps à l’Amiens Athletic Club. Durant 2 ans, l’homme mettra en pratique le racolage sportif le plus éhonté. Négligeant, trahissant les intérêts picards, il fera fi des jeunes gens du pays. Il soudoiera de tous côtés des spécialistes professionnels du ballon rond, leur assurera une situation et mènera, par ces moyens, son club au Championnat du Nord. »

Sprecher énumère « le bilan du contingent d’origine exotique, entré en 3 ans par l’entremise de M.René Matifas à l’Amiens Athletic Club : Feniez, Farnfield, du RC Calais, partis tous deux ; Braun du Stade Amiénois ; Michel, Thompson, de Calais ; Aerts, de Levallois ; Trudon, du CA XIVe ; le Danois Topp, Sheldon, du Havre ; Pierucci, Capronnier, Macquard , de Choisy-le-Roi ; Adolphe, de l’Olympique ; Thédié, du Red Star ; Triby, du Club Français ; Fauconnier, de Levallois, Provence, du CASG, etc…
Tous employés chez M. René Matifas ou ses amis ou qui ont obtenu de brillantes situations avec les deniers de M.Matifas comme Macquard et Capronnier , qui ont un hôtel et un bar achetés en leur nom… »

Mon grand-père, Marcel Braun, fait partie des joueurs cités. Comme le Belge Léopold Aerts, comme Roland Balavoine, il est en effet employé chez Matifas, dont l’usine, reconstruite après la Première Guerre mondiale, se situe au 626, route de Rouen (sur le terrain de l’usine, aujourd’hui détruite, a été construit un ensemble immobilier).

J’ai retrouvé une carte postale que mon grand-père avait adressée à René Matifas, à l’occasion d’un match de Coupe de France qu’Amiens avait disputé à Paris.

Preuve que la relation entre le dirigeant et les joueurs dépassait le cadre des rapports patron-employés. D’ailleurs, Matifas était le parrain de mon père, Jack !

Didier Braun

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