Jean Capart, gardien d’une époque

Jean Capart a été l’inamovible gardien de but de l’Amiens A.C., lors de la période professionnelle de l’après-guerre.

C’est pendant les années de l’occupation allemande que Jean Capart est apparu dans les buts d’Amiens. Il avait auparavant joué dans les équipes de jeunes du S.C.Albert, sa ville natale, dont il fut le gardien de l’équipe première alors qu’il n’avait pas 20 ans (il était né le 8 juillet 1922). A l’époque, le jeune tourneur sur métaux pratique également l’athlétisme qu’il délaisse définitivement quand il signe à Amiens.

8 janvier 1948, Amiens-Colmar (0-1) à Saint-Ouen. Jean Capart avec à sa droite Lido Albanesi et à sa gauche Amédée Uchart: 3 piliers de la défense amiénoise.

On est en 1942, et le club picard participe au championnat de la zone Nord, que domine largement le R.C.Lens. Depuis une saison, l’équipe amiénoise est dirigée, à l’entraînement et sur le terrain, par l’ancien international Louis Finot, arrivé en 1941 en compagnie de plusieurs Parisiens. Au départ de la saison 42-43, il faut trouver un nouveau gardien de but, en remplacement de Henri Sannier. André Vaillant, qui avait joué dans les années 1935-37, est revenu à Amiens après avoir disputé les derniers championnats professionnels de l’avant-guerre à Troyes et Boulogne. C’est lui qui dispute les premières rencontres de la saison. Mais le 20 septembre 1942, c’est le jeune (20 ans) Capart qui occupe le poste lors de la venue du Red Star. Amiens l’emporte 2-1 et le correspondant de L’Auto, Robert Glaudel estime que le nouveau gardien a gagné « ses galons d’équipier ». Lors de ce premier match, Capart est battu par un tir de 30 mètres d’André Simonyi, à la frappe de balle légendaire.

Un temps, le poste de gardien est partagé entre Capart et André Manoukian, mais à partir du début de 1943, Capart en devient le titulaire indiscutable. Avec la refonte des compétitions voulues par le gouvernement de Vichy, puis la chaotique saison 1944-45, Amiens ne figure plus parmi l’élite. Capart et Max Sutter alternent dans les buts. Mais quand l’A.A.C. redevient professionnel à partir de la saison 1945-46, Capart occupe de nouveau le poste. Jusqu’à l’abandon du professionnalisme par le club picard en 1952, il en sera l’absolu titulaire, laissant rarement la place à son suppléant René Ollivier. Le 8 mai 1949, à Troyes, si ce dernier est dans les buts, c’est parce que Capart joue ce jour-là à l’aile gauche, un poste qu’il avait déjà occupé à ses débuts, à Albert, quand il pratiquait également l’athlétisme.

3 mai 1950, stade Moulonguet. Amiens bat Marseille II 1-0

Au total, Jean Capart aura été, de 1942 à 1952, le joueur d’Amiens qui a participé au plus grand nombre de rencontres de compétition professionnelle: soit environ 220 matches de championnat et de Coupe de France. A la fin des années 1950, il sera un temps l’entraîneur de l’A.S.Albert.

Didier Braun

Je remercie Jean-Marc Capart, fils de Jean Capart, qui m’a permis d’utiliser ces photos de ses archives personnelles.

 

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