Le public du stade Moulonguet, années 1930

J’ai retrouvé dans les papiers de famille deux belles photos des tribunes du stade Moulonguet, dans les années 1930. Avec un peu de chance, vous y reconnaîtrez peut-être quelqu’un.

La première de ces deux photos montre la tribune principale du stade, après les diverses transformations qui ont eu lieu dans les années 1920.

La tribune principale, vers 1934-1935

La tribune principale, vers 1934-1935

Ma grand-mère et mon père figurent sur cette image, ce qui me permet de dater la photo aux environs de 1934-1935. Nous sommes certainement au centre de la tribune, une partie où les places sont  numérotées, ainsi qu’on l’aperçoit au premier rang. Les spectateurs sont tous endimanchés. Le costume et la cravate sont de rigueur chez les messieurs. Ils portent le chapeau. Seuls les enfants portent la casquette. Les dames sont assez  nombreuses. Elles portent manteau à col de fourrure et chapeau cloche. A l’évidence, nous ne sommes pas chez les populaires.

Changement d’univers avec la deuxième photo. Celle-ci date du 6 février 1932, ainsi qu’il est écrit au dos du document. Ce jour-là se déroule au stade Moulonguet un match comptant pour les 8es de finale de la Coupe de France, Le Havre-Excelsior Roubaix (2-1 après prolongation). A l’époque, les rencontres de Coupe se jouent sur terrain neutre et attirent de nombreux supporters des deux équipes, lorsque le lieu du match n’est pas très éloigné des deux villes concernées. C’est le cas ici.

6 février 1932, au stade Moulonguet

6 février 1932, au stade Moulonguet

Cette photo montre les gradins debout et à ciel ouvert qui se situent derrière le but de gauche quand on est dans la tribune principale, c’est-à-dire près de la rue Louis-Thuillier. Mon grand-père, Robert Bacquet, est parmi cette foule. Un quart de siècle plus tard, c’est toujours dans ces gradins pourtant malcommodes et inconfortables qu’il viendra assister aux matches que disputera son gendre.

Ici, les femmes sont moins nombreuses que sous le toit de la tribune officielle. Les hommes portent aussi bien la casquette que le chapeau mou, le melon ou le béret. Les couvre-chefs révèlent une plus grande mixité sociale ! Au milieu de la foule, on aperçoit un fantassin en permission. Les enfants sont admis devant la main courante pour leur permettre de voir le spectacle. Même en plein hiver, les deux garçonnets portent des culottes courtes. A remarquer aussi l’absence de tout signe distinctif du supporter. Le phénomène supporter, avec ses chants, ses accoutrements et ses accessoires, se généralisera en France plusieurs décennies plus tard.

L’ambiance, ici, semble bon enfant. Alors que le regard de la plupart des spectateurs semble concentré sur leur gauche (l’action en train de se dérouler ?), d’autres saluent le photographe ou lui sourient. Au stade Moulonguet, l’atmosphère n’est pas toujours aussi décontractée. Le public amiénois n’a pas toujours la réputation d’être bienveillant, que ce soit envers les arbitres ou ses propres joueurs. J’aurai l’occasion d’en reparler.

Didier Braun

 

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